Il est fascinant de constater à quel point nous confondons souvent émotion et sentiment. Cette confusion opère principalement dans le sens de l’émotion vers le sentiment. Les émotions telles que la joie, la passion, la tristesse, la peur, la colère, le désir ou l’aversion sont comparables à des états climatiques transitoires qui se manifestent dans le ciel. Elles ne constituent pas le ciel en soi, mais des phénomènes qui l’occupent temporairement.
Par sa nature même, le ciel incarne une liberté, une pureté, une limpidité et une beauté qui lui sont propres. En nous, cette nature céleste revêt une dimension encore plus profonde. Elle est un jaillissement de vie, de joie et d’amour. Ainsi, ce n’est pas un état émotionnel que nous recevons de la Source, mais sa radiance. Sa propagation est constante et immuable. Ce qui s’y ajoute, ce sont nos réactions émotionnelles, charnelles et terrestres. Elles ne sont que de simples informations relatives.
Nombreux sont ceux qui pensent trouver leur cœur dans ces effusions émotionnelles, mais l’amour inconditionnel n’est pas tapageur. Il se manifeste par la vérité de sa douceur, de sa bonté et de sa charité compatissante. La dimension spirituelle ne se révèle pas dans l’intensité que nous espérons dans nos performances et nos gloires. Nos sensations fortes ne nous élèvent pas vers le céleste. Elles sont comparables au sommet des montagnes, qui, aussi haut se dressent-ils dans le ciel, demeurent ancrés dans le monde terrestre.

