Nous parlons de l’ouverture du cœur, mais l’ouvrons-nous vraiment ? Si oui, pour qui ou pour quoi le ferions-nous ? Peu importe, car ouvrir un cœur suppose qu’il soit d’abord fermé. Par conséquent, saurons-nous, par une simple décision, réussir à libérer un cœur des raisons de sa fermeture qui l’a confiné tout ce temps ? Que peut bien craindre ce cœur pour qu’il mérite d’être autant protégé ? Nous aimons croire qu’il est fragile et qu’il nous revient de le préserver.
En réalité, ce n’est pas notre cœur que nous cherchons à protéger, mais nous-mêmes. L’utiliser comme écran n’est qu’un stratagème. La vulnérabilité que nous prêtons au cœur n’est en réalité que la nôtre. Qui est donc le plus en danger, sinon celui qui ne vit pas dans la vérité et se cache derrière un personnage ? Ce n’est donc pas pour la fragilité de notre cœur que nous craignons, mais pour l’image factice que nous voulons projeter.
Ouvrir son cœur, c’est libérer notre tromperie. Cela signifie cesser de nous nuire en nous grugeant nous-mêmes au bénéfice d’un personnage imaginaire. Ouvrir son cœur, c’est lever l’obstacle, la division que nous avons instaurée entre lui et nous. Préférer oublier d’aimer, en croyant que cela constitue une faiblesse, est ce qui nous a permis d’exercer notre volonté et de nous isoler dans notre tour d’ivoire. Mais, à quel coût préservons-nous cette illusion bâtie exclusivement sur une conviction et un discours mental ?
En nous, le cœur de vie est dépourvu de toute vulnérabilité. Au contraire, il se dresse comme un bouclier d’amour et de vérité, dissipant l’ombre du doute et du mensonge. Dès que nous admettons que toute croyance en une quelconque division est le fruit de notre imagination, l’adversité et le conflit cessent d’exister en nous. Loin des techniques, des artifices de quiétude et de tranquillité, nous redécouvrons finalement la paix initiale, authentique et naturelle à laquelle nous étions devenus étrangers.

